Le CIR et la FAO œuvrent ensemble à l'intégration du dans les politiques et programmes agricoles

 

L'agriculture est un secteur clé dans lequel le commerce peut faire la différence en améliorant les conditions d'existence et en réduisant la pauvreté. Dans les pays les moins avancés, l'agriculture est généralement le secteur qui représente la plus grande part dans l'emploi, et la plupart des pauvres vivent dans les zones rurales. Il existe des éléments de preuve indiquant que le secteur agricole a l'un des meilleurs retours sur investissement en termes de croissance, de réduction de la pauvreté et de création d'emplois au profit des populations pauvres. En conséquence, le développement, la productivité et la compétitivité du secteur agricole sont également essentiels pour faciliter le processus de transformation économique et de promotion sociale dans les pays en développement. L'agriculture et l'agro‑industrie sont au cœur de la mise en œuvre du CIR, et deux tiers du portefeuille de projets du CIR y sont consacrés.

Bien que l'agriculture soit un secteur stratégique pour le développement économique et social, les liens entre les stratégies de développement et plans d'investissement relatifs au commerce et ceux relatifs à l'agriculture (notamment dans le cadre du CIR et du Programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique - PDDAA) sont souvent ténus. Ce problème a précisément été souligné dans le rapport phare de la FAO - La situation des marchés des produits agricoles 2015-2016 - dans lequel sont analysés les liens entre commerce et sécurité alimentaire, et les difficultés et possibilités liées à l'amélioration des synergies entre objectifs de sécurité alimentaires nationaux et priorités commerciales.

La faiblesse des liens entre les processus de formulation des politiques commerciales et des politiques agricoles peut donner lieu à des stratégies pour le moins incomplètes et à des vues divergentes quant aux priorités nationales en matière de développement du commerce des produits agricoles. Par exemple, les études diagnostiques sur l'intégration du commerce (EDIC) mettent généralement l'accent sur les cultures commerciales exportables, alors que les plans d'investissement du PDDAA privilégient souvent la productivité des cultures vivrières. Combiner ces deux perspectives permet d'avoir une vision plus globale du développement agricole et de la sécurité alimentaire, dans laquelle est suffisamment pris en compte le rôle du commerce, y compris les possibilités et contraintes s'agissant d'accéder aux marchés régionaux et internationaux et de faire face à la concurrence.

Un certain nombre d'activités sont actuellement menées pour maximiser ces synergies cruciales entre les partis prenantes de l'agriculture et du commerce.

À l'invitation de la FAO, le CIR a œuvré en collaboration avec cette organisation en vue d'intégrer le commerce dans les politiques agricoles (et vice versa). Cela fait suite à une initiative stratégique de la FAO visant à utiliser de plus en plus ses cadres de programmation nationaux (CPP) afin d'intégrer le commerce dans les processus nationaux de planification agricole et de fournir aux pays une assistance technique pertinente de manière que les stratégies, politiques et accords appuient davantage les objectifs de développement agricole et de sécurité alimentaire.

En mai 2015, pour lancer ce processus, la FAO a organisé un atelier régional à Harare (Zimbabwe), auquel ont participé des fonctionnaires en charge du commerce et de l'agriculture de divers pays africains et des partenaires internationaux clés, comme le CIR et des organismes régionaux. La compréhension mutuelle entre les fonctionnaires responsables du commerce et de l'agriculture a été renforcée, et les bases d'une meilleure cohérence et d'une meilleure collaboration au niveau national ont été posées. En outre, des possibilités spécifiques ont émergé pour ce qui est de la coordination des modalités de fonctionnement. Les calendriers coordonnés des processus relevant des EDIC du CIR et des CPP de la FAO menés au Mozambique et en Zambie constituent un mécanisme permettant une utilisation efficace de l'analyse menée dans le cadre des EDIC et offrent des possibilités de dialogue efficace en vue de l'intégration des questions commerciales dans les CPP. Un suivi des modalités adoptées dans ces deux pays permettra de commencer par mettre l'accent sur un engagement conjoint en vue d'harmoniser les EDIC avec les stratégies et plans d'investissement agricoles et de fournir aux pays un soutien technique ciblé.

La formulation et la mise en œuvre de politiques commerciales agricoles, l'innocuité des produits alimentaires et les questions sanitaires et phytosanitaires (SPS) comptent parmi les domaines dans lesquels aura lieu une collaboration plus étroite. La FAO met actuellement en œuvre un projet du CIR visant à renforcer les exportations népalaises de gingembre grâce à des partenariats public‑privé. Elle a également participé à une étude conjointe CIR/STDF à paraître sur la manière dont les questions SPS sont traitées dans les EDIC et dans le processus du CIR de façon plus large, qui fournira des renseignements sur d'autres domaines dans lesquels des liens doivent être créés.

Cette coopération accrue aidera à mieux cibler les projets financés par des donateurs en fonction des besoins interdépendants des domaines du commerce, du développement agricole et de l'innocuité des produits alimentaires.