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Implanter des pratiques entrepreneuriales durables au Népal

Au Népal, le programme du CIR a eu pour principal but de contribuer à la réduction de la pauvreté en participant à la création d'emplois et aux efforts en faveur du développement du commerce durable. Son soutien à la réalisation des objectifs de renforcement des capacités institutionnelles a eu un impact manifeste qui s'inscrit dans une conception bien définie du rôle du commerce dans le développement du pays, et que viennent appuyer une coordination étroite avec les partenaires du développement et une équipe nationale dynamique sur le terrain.

Les fameuses études sur le commerce financées par le CIR, telles que la Stratégie d'intégration du commerce du Népal (NTIS) pour 2015, et sa version précédente datant de 2010, traduisent la vision globale du pays en termes de commerce et de développement, identifient un certain nombre de secteurs prioritaires, et font l'objet d'une large adhésion de la part des ministères d'exécution, notamment ceux de l'agriculture et de l'industrie, ainsi que d'un soutien actif de la part de l'Allemagne en tant que facilitateur des donateurs. Le rôle de l'Allemagne est primordial pour faire en sorte que le commerce reste au cœur des préoccupations des partenaires du développement et pour engager des activités de renforcement des capacités, de soutien des politiques et de surveillance des activités commerciales.

Grâce à des institutions et des structures bien ancrées, telles que le Comité directeur national transversal du CIR et le Forum des entreprises népalaises, créé dans le cadre des recommandations de la NTIS, le secteur privé et la société civile ont été associés afin de soutenir les stratégies dans le domaine du commerce. Des projets à l'appui de secteurs spécifiques comme le gingembre ont été élaborés et mis en œuvre dans des zones cibles, avec la participation d'associations du secteur privé et des communautés sur le terrain. Ce dialogue constructif entre tous les partenaires a aidé à répondre aux besoins des coopératives locales et à intégrer la nécessité d'améliorer les conditions de vie en augmentant les salaires et en multipliant les débouchés.

Au Népal, le gingembre est l'une des principales épices d'exportation cultivées par les petits agriculteurs; il a un grand potentiel en termes de recettes d'exportation. Dans cette optique, le CIR, le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce (STDF) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) encouragent les synergies entre les secteurs public et privé, les communautés locales et les coopératives afin d'améliorer la qualité et d'augmenter la valeur ajoutée des exportations de gingembre; ils participent pour cela à la mise en place d'une installation de lavage et de transformation utilisant des méthodes de gestion durable des ressources en eau. Jusqu'à 4 000 ménages producteurs de gingembre situés dans l'est du pays, 50% d'entre eux étant dirigés par des femmes pauvres, devraient bénéficier de cette installation, laquelle devrait contribuer à la réalisation de l'objectif qui consiste à accroître de 25% les ventes de gingembre.

Le gingembre non lavé ne peut pas être exporté en raison du non‑respect des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) exigées, mais laver une grande quantité de gingembre pour l'exportation nécessite d'importantes quantités d'eau non disponibles dans les régions montagneuses où le gingembre est cultivé. Le projet conjoint du CIR, du STDF et de la FAO a soutenu la construction d'un système de lavage centralisé en collaboration avec des communautés élargies dans les zones ciblées, qui a été mis en place dans une région à faible relief où l'extraction de l'eau et la gestion du drainage se justifient d'un point de vue économique, social et environnemental. Cela implique de puiser l'eau en profondeur et de l'amener à la surface, d'extraire les sédiments, de recycler l'eau après le dessablage et de recharger les eaux souterraines.

Dans le cadre de ce projet, environ 200 négociants devraient bénéficier des services de lavage et 1 891 producteurs de gingembre (dont environ 60% de femmes) ont été formés aux bonnes pratiques agricoles (BPA) en matière de production de gingembre dans 54 écoles paysannes de terrain. L'installation devrait permettre de créer plus de 200 emplois saisonniers, de réduire les coûts de commercialisation et les pertes après récolte de 30% et d'améliorer les prix disponibles pour le gingembre et les produits du gingembre exportés, améliorant ainsi les marges brutes (jusqu'à 25%) des producteurs. De plus, l'Association népalaise des producteurs de gingembre et des négociants en gingembre (NGPTA) a bénéficié d'un renforcement de ses capacités afin d'exploiter ces installations dont elle a repris le contrôle pour assurer la durabilité du projet. À présent, les agriculteurs sont organisés en 54 groupes de producteurs, enregistrés auprès de leurs Bureaux de district pour le développement de l'agriculture (DADO) respectifs au Ministère de l'agriculture et liés à la NGPTA, avec une participation active des DADO. Ces agriculteurs et négociants utiliseront l'installation en contrepartie d'une contribution financière au Fonds d'affectation spéciale pour la promotion du gingembre népalais, institué par la NGPTA pour couvrir ses coûts de fonctionnement.

Des matériels de formation portant sur le gingembre ont été élaborés, notamment le manuel pour les écoles paysannes de terrain, le guide pour les cultures et le carnet de bord du producteur de gingembre, basé sur les BPA et accompagné par des séances de formation saisonnières organisées par les DADO à travers les écoles paysannes de terrain. Des semences améliorées ont été mises à disposition au niveau local, l'utilisation des pesticides biologiques a été encouragée et des mesures de gestion efficace des problèmes de pourriture des rhizomes ont été mises en place, ce qui a redonné aux producteurs de gingembre et aux négociants en gingembre la confiance nécessaire pour poursuivre leurs activités.

Le secteur public – Ministères du commerce et de l'agriculture – ainsi que le secteur privé – Centre pour les entreprises agroalimentaires, qui est l'aile agricole de la Fédération des chambres de commerce et d'industrie népalaises, et NGPTA – forment un partenariat solide pour la mise en œuvre du projet relatif au gingembre. Ce partenariat a la capacité de faciliter la réalisation des résultats du projet, particulièrement pour les bénéficiaires pauvres, et d'apporter un appui supplémentaire au développement des infrastructures, à la constitution de réseaux entre les producteurs et les négociants, à la création et à la diffusion de technologies, à la gestion après récolte et à l'amélioration de la certification et de la traçabilité des produits. Par le biais du Ministère du développement agricole, un comité de gestion des installations a été mis en place afin de compléter les travaux du Comité de fonctionnement des installations établi en vertu de la NGPTA et du Fonds d'affectation spéciale pour la promotion du gingembre népalais.

Fort de cette détermination et de cette coordination, le programme du CIR favorise l'implantation de pratiques entrepreneuriales durables dans le secteur du gingembre au Népal. La coordination des efforts entrepris dans le domaine du commerce en s'appuyant sur les priorités nationales nécessite d'établir un dialogue de vaste portée avec les parties prenantes dans l'ensemble du pays. L'installation de lavage du gingembre est désormais en service, ce qui fournit l'investissement nécessaire pour stimuler la productivité jusqu'aux villages de l'est du Népal, et la NGPTA a pris les commandes pour aider les agriculteurs, producteurs et négociants dans le secteur du gingembre à répondre à des normes plus strictes.